Tout Ce Qui Brille
L’heure de la séance est dépassée, mais les gens continuent de s’installer, la lumière n’a pas encore complètement laissé place à l’obscurité et même le film n’a pas commencé. Et pourtant défilent déjà sur l’écran des images. Et oui nous voilà dans le tunnel avant-film de pubs et de bandes-annonces. Un moment qui peut osciller entre l’ennui et le très agréable, selon que vous êtes seul ou accompagné, selon que c’est votre troisième fois au ciné cette semaine et que vous les connaissez par coeur, et surtout selon la qualité des séquences. Les pubs locales ont rythmé mes débuts de cinéphile – ah le coiffeur et la boucherie du coin – d’ailleurs il faudrait que je note de vous en reparler de ce petit ciné de banlieue qui a marqué mes années lycéennes. Mais c’est surtout les bandes-annonces que j’aime, l’occasion de découvrir ou redécouvrir ce qui arrive dans les salles, le meilleur moyen d’avoir envie ou pas de voir un film. Et un soir, au détour d’une séance pas énorme, une bande-annonce pleine de fraîcheur qui déclenche l’envie.

Ely et Lila sont comme deux soeurs. Elles se connaissent depuis l’enfance, partagent tout et rêvent ensemble d’une autre vie. Elles vivent dans la même banlieue, à dix minutes de Paris.
Aujourd’hui, Ely et Lila ne veulent plus être à dix minutes de leurs vies. De petites embrouilles en gros mensonges, elles vont tout faire pour essayer de pénétrer un monde qui n’est pas le leur où tout leur semble possible.
Mais tout ce qui brille…
Premier film du duo Géraldine Nakache et Hervé Mimran, Tout Ce Qui Brille repose sur la complicité entre Ely et Lila et bien-sûr leurs interprètes Leïla Bekhti et Géraldine, devenues aussi proches dans la vie que dans la fiction. De vraies amies qui apportent toute leur fraîcheur au film, épaulées dans cette tâche par des personnages secondaires plus ou moins attachants mais toujours justes. La fraîcheur est le premier sentiment dégagé par cette comédie, un vent de renouveau dans la comédie française déjà porté par Lisa Azuelos, réalisatrice de « Comme t’y es belle ! » et « LOL » et fortement impliquée dans les coulisses de ce projet, et qui trouve là un bel écrin. Comme attendu, on rit beaucoup dans Tout Ce Qui Brille, que ce soit des instantanés de la banlieue (la voisine qui colporte tous les potins, le gars qui invective tout le monde depuis son balcon) ou de ceux de la jeunesse dorée parisienne (définitivement le Shopi). Mais derrière les rires se cachent une autre histoire.

En sortant de la projection, j’avais beaucoup aimé mais traînait dans ma tête ce sentiment qu’il manquait un petit quelque-chose pour que ce soit plus qu’une très bonne comédie. Et avec le recul, je me rends compte que tous les ingrédients sont là, il m’a juste fallu un petit peu de temps pour les intégrer. Parce qu’on est tous à dix minutes de quelque-chose et que quand on ne sait pas où on va, ne pas oublier d’où on vient est déjà un bon début. Parce qu’au delà de ces filles qui veulent faire la fête avec la jeunesse dorée parisienne, il y a celles qui cherchent une place dans un monde qui n’est pas vraiment le leur. Ayant passé mes années lycées à 40 minutes de Paris, mais surtout à en rêver, l’impression d’être un peu « enfermé » en banlieue, je ne peux que m’identifier ; aujourd’hui j’y vis, j’en suis très heureux, mais, quoi que j’en dise parfois, mes racines sont une part importante de moi et je n’oublie pas. Tout Ce Qui Brille utilise très efficacement la comédie pour nous rappeler l’importance de nos racines dans notre croissance et le développement de notre vie d’adulte.
Je vous laisse découvrir par vous mêmes toutes les subtilités de cette très belle comédie, parce que bien-sûr vous irez ! Tout Ce Qui Brille est sorti aujourd’hui et avant de vous laisser vous précipiter dans les salles, un petit bonus avec la musique thème du film, reprise de « Drôle de Vie » de Véronique Sanson.
Ah et aussi, bravo à la promo du film qui a totalement détourné la désuète interdiction de faire de la pub pour le cinéma à la télévision.








