On vote dimanche !
Il faut voter. Qui n’a pas entendu ça au cours de sa vie, dans ses cours d’Education Civique, dans la bouche de ses amis ou dans celle des politiques, sous-entendant « pour nous ». Et pourtant, élection après élection, les Français ne se déplacent pas en masse, loin de là même. A croire qu’ils se moquent du choix de leurs dirigeants, qu’il sont fatigués de ces politiques qui les ont trompés, trahis, depuis toutes ces années et qu’après tout la droite ou la gauche c’est la même chose. Alors élection après élection, les journalistes profitent de ces temps d’antenne – où ils connaissent déjà les résultats mais doivent se taire jusqu’à 20h – pour essayer de comprendre. Ils analysent, interrogent les Français et déplorent, avec les politiques déjà présents, les mauvais chiffres de la participation. Et élection après élection, rien ne change.

Mais que pourrait-on faire ? Il y’a quelques années, encore innocent, je vous aurais sans doute parlé des Etats-Unis, mais finalement là bas c’est même pire. Et pourtant les Américains ont plutôt tendance à s’impliquer dans leur vie locale. Et dans un pays où le parti vainqueur est souvent celui qui a le mieux réussi à mobiliser ses troupes, l’abstention n’est pas prise à la légère. Des mouvements pro-vote déploient des montagnes d’énergie, mais aussi de dollars, pour déplacer les électeurs ; des appels téléphoniques jusque dans la journée du vote au transport des votants de leur domicile à l’isoloir.
Rien de tel du côté de chez nous, aucune grand mobilisation en faveur du vote ; des initiatives personnelles, des appels mous au vote à la télévision, mais rien de vraiment marquant. Il faut dire que le problème est plus profond, la rupture entre les politiques et le peuple français est consommée. Parce que les premiers ont déçu, sûrement, mais surtout parce que la place offerte à la politique dans le premier média d’information, qu’est la télé, est ridicule. Ridicule de par sa place. TF1 a restreint la politique à quelques interventions dans le JT, des « shows » avec le Président en vedette et les soirées électorales ; c’est mince. Mais aussi ridicule par le traitement qui lui est réservé. Sans même parler de la première chaîne, où sont les vrais émissions de politique, les débats intéressants, les modérateurs qui connaissent leur sujet ? Sur Canal+ et à la radio. Pourtant il y en a eu de grandes émissions, de vrais rendez-vous des Français. Et si les journalistes ne se souviennent plus, reste toujours le modèle NBC/MSNBC, où on ne ment pas de risque de se faire détruire par le présentateur ; si vous comprenez l’américain, jetez un oeil au podcast de Meet The Press (disponible sur iTunes) et mesurez la différence.
En attendant, plein d’espoirs, que la politique et son traitement médiatique change, que les vrais sujets reviennent au centre du débat, en ce moment c’est les Régionales. Vous avez dû recevoir les professions de foi, je vous laisse avec les sites des régionales des principaux partis (enfin sauf pour l’UMP qui ne semble pas en avoir fait). La semaine prochaine, on parlera des programmes et de pour qui je vote.
Et surtout n’oubliez pas, dimanche, on vote.








