Je l’aimais, Zabou Breitman
Quand on a prévu de dévorer autant de films que possible, il est un élément indispensable dans la panoplie du jeune parisien, juste entre l’abonnement Vélib et l’adresse d’un bon dealer de sushis ; il s’agit bien-sûr de la carte illimitée de cinéma. Je me souviens de l’époque du lancement de ces cartes, l’époque où la guerre faisait encore rage entre UGC et les autres, entre le « grand méchant loup » et les plus « petits » distributeurs. Époque complètement révolue depuis le ralliement de MK2 à la carte UGC, qui a scellé le destin de la concurrence et imposé la carte bleue comme la référence. Mais quel rapport entre le titre de cet article et l’intro que je viens de vous livrer, me direz vous ? Et bien c’est qu’en parallèle de l’accès illimité, UGC chouchoute ses abonnés avec des invitations à des événements et avant-premières ; et c’est dans ce cadre que j’ai pu voir « Je l’aimais« , précédé d’une petite intervention de Zabou. Voilà vous savez tout ; maintenant place au film.

Le temps d’une nuit, Pierre va confier à Chloé son secret le plus intime. L’histoire de l’amour de sa vie, Mathilde. Un secret vieux de 20 ans. Une histoire qui l’a placé face au plus cruel des choix. Un choix qu’il n’a pas osé faire. Une décision qu’il regrette toujours. Un amour qu’il n’a pas oublié. Je pourrais vous en dire plus sur cette adaptation du roman d’Anna Gavalda, d’ailleurs peut-être la bande-annonce le fait-elle, mais je trouve que c’en est déjà trop. « Je l’aimais » est des films dont on ne devrait rien savoir en entrant dans la salle, des films qu’on devrait découvrir au fil des images. Alors ce sera tout pour l’intrigue.
Les films de Zabou et moi, c’est une longue histoire. Je n’ai vu le premier « Se Souvenir des belles choses » que sur l’insistance de ma mère et j’ai regretté ; regretté de ne pas l’avoir vu plus tôt, d’avoir failli passer à côté, tant ce film est beau et bouleversant. Je n’ai donc pas hésité à aller voir le suivant « L’Homme de sa vie » et je n’ai pas été déçu. Vous comprenez donc que je ne pouvais pas rater celui-ci. La simple mention de Zabou à la réalisation m’avait donné envie, les quelques notes des critiques aperçues m’avaient définitivement convaincu et j’ai donc sauté sur l’invitation d’UGC. Et je ne regrette pas une seconde. « Je l’aimais » est un film très lent, peut-être trop pour certains, juste assez pour moi ; c’est surtout un film très profond.
Impossible d’en sortir sans se poser des questions sur la vie, sur les choix qu’on a fait. Et encore je n’ai que 22 ans… Stéphanie Lamome, pour Première, écrit à propos de ce film : « Je l’aimais est pire qu’une chronique amère du renoncement. C’est un drame sur les choix que l’on a évité de faire. » Pas mieux. Rien de pire que de ne pas choisir, rien de pire que de ne pas prendre de risques ; on le sait tous, vous, moi ; et pourtant au moment des vrais choix, combien les font réellement, combien se laissent porter par la facilité ? C’est donc à notre propre vie que nous renvoie Zabou, à nos propres choix, ou plutôt nos propres non-choix, à travers ceux de Pierre et son récit presque terrifiant… « Je l’aimais » est donc à voir à vos risques et périls, mais à voir tout de même.









le 21 mai 2009, 11:15
Si je me trouve une chloe je lui raconterais :)
le 22 décembre 2009, 12:51
Un de mes coups de cœur de l’année !