Scar3D, l’horreur à l’état 3D ?
Hier soir, rendez-vous nous était donné au Club de l’Etoile pour l’avant-première de Scar3D, annoncé comme le premier film d’horreur en 3D. En général, j’aime assez les films d’horreur et j’avais vraiment envie de voir ce que donnait la 3D de nos jours. J’ai donc répondu présent et embarqué Audrey dans cette aventure.
Le film d’abord. 15 ans plus tôt, Joan a été la seule à échapper aux griffes d’un vicieux tueur en série, Bishop, mais elle en garde des traces à vie : une cicatrice sur le visage et la mort de sa meilleure amie. Aujourd’hui, Joan revient pour la première fois dans la ville qui a vu ces atrocités, et il semble qu’elle ne soit pas la seule à être de retour… Un pitch qui plonge direct dans l’ambiance, et pour ne pas la perdre, voilà la bande annonce de nos amis d’Allocine.
Si le pitch colle avec un film d’horreur traditionnel, la bande-annonce s’en éloigne déjà. En effet Scar n’est pas un film d’horreur, en tout cas pas dans le sens où on l’entend en cinéma. Il y a bien de l’horreur, mais de l’horreur gore, de celle qui vous ferait plus vomir que frissonner, de celle qui gave aussi à force. Le film tente pourtant de respecter certains codes du film d’horreur, dont le fameux enchaînement séquence stress qui monte, rien qui ne se passe au comble du stress, relâchement du spectateur et enfin action au moment où on ne s’y attend plus. Mais là où les bons films d’horreur arrivent à avoir le spectateur à tous les coups, bien qu’il connaisse par cœur les codes, Scar n’y parvient qu’une seule fois avec des pigeons (si, si, sûrement une influence John Woo) ; toutes les autres tentatives manquent d’ambiance et de timing. On se retrouve donc avec un film qui n’arrive pas à choisir entre gore et horreur, et en fait trop pour être sérieux. Parce que oui, si on a pas peur, on se marre tout de même pas mal sans vraiment savoir si c’est volontaire ou pas (mais je crains tout de même que la deuxième solution l’emporte).

La vraie nouveauté de ce film était donc dans l’utilisation de la 3D. Le distributeur du film nous l’a même introduit en annonçant qu’il s’agissait pour lui de l’avenir du cinéma. La technologie utilisée pour la projection se base sur des lunettes dont les opercules de chaque œil s’ouvrent à tour de rôle, contrôlées par un rayon infrarouge. Pas encore super pratique mais une vraie évolution depuis ma dernière expérience de la 3D avec des lunettes en carton. Dans l’ensemble, le rendu est convaincant et la techno semble avancer dans le bon sens.
Par contre, ce film n’a pas répondu à ma principale question : pourquoi de la 3D ? Qu’est ce que cette technologie apporte-t-elle vraiment au cinéma traditionnel ? Je n’ai pas l’impression d’avoir été plus impliqué dans l’action, peut-être est-ce inconscient… Je ressors donc de la projection avec le même avis sur le sujet qu’en entrant : la 3D ne va révolutionner l’art cinématographique ! Elle aura sans doute sa place pour certains films particuliers, et conservera son intérêt pour toutes les vidéos déjà diffusées ainsi (immersion au cœur d’un environnement, comme on peut le voir au futuroscope par exemple), mais la grande majorité des films conservera le format actuel. Il ne faut pas oublier qu’un film est une histoire et des acteurs, avant d’être une question de technologie. D’ailleurs l’un des films d’horreur les plus flippants de cette dernière décennie n’était-il pas tourné avec des moyens limités et des caméras presque amateurs ?

La 3D ne révolutionnera sûrement pas le cinéma mais s’il y a de bonnes utilisations à en faire, Scar n’est pas forcément son meilleur représentant. Pourtant ce film pourrait avoir une belle carrière en dvd, voire même s’élever au rang de film culte de fin de soirée entre potes, tout est là : les répliques pourries, les réactions débiles, l’hémoglobine et la conclusion grillée dès le début ! Pour ceux d’entre vous qui voudraient mêler très bon cinéma, franches rigolades et vraie horreur, j’ai entendu parler d’une petite trilogie réalisée par Wes Craven, qui devrait vous convenir…
PS : pour les noobs du film d’horreur, je parle bien-sûr de The Blair Witch Project pour les moyens limités et de Scream pour la trilogie, et si vous n’aviez pas reconnu au premier coup, il est temps de courir chez votre dealer de dvds !








