Oscars 2009 : Milk, Button, Frost, Slumdog
Tombé par hasard sur la liste des nominations aux Oscars 2009 (cérémonie le 22 février), je me suis rendu compte que j’en avais tout de même vu quelques-uns et que c’était peut-être l’occasion de vous en parler. Alors c’est parti pour une revue des nominés dans la catégorie « Meilleur film ».

« The Curious Case of Benjamin Button » est en ce moment à l’affiche chez nous, il a été encensé par les critiques et les spectateurs se sont rués dans les salles. Il s’agit de la vie de Banjamin Button (interprété par Brad Pitt), né vieux, qui rajeunit avec le temps ; et de l’amour qui le lie à Daisy (Cate Blanchett). Je dois vous dire que je n’ai pas spécialement accroché et franchement, à part la fin très émouvante, je me suis plutôt ennuyé. Ce personnage traverse le 20ème siècle mais l’histoire joue très peu sur la question et au final il ne s’agit que d’un gars normal qui vit à l’envers. D’accord… et ? Vraiment l’impression d’être passé à côté de l’essence du film, surtout au vu des réactions globales.
« Slumdog Millionaire » est le grand favori, après son triomphe aux Golden Globes. Le film de Danny Boyle raconte l’incroyable réussite de Jamal, enfant des bidonvilles de Bombay, dans le « Qui veut gagner des millions ? » indien ; et nous propose, à travers le récit de sa vie, une plongée dans l’Inde pauvre. Cette superbe fresque nous touche, et j’étais vraiment convaincu à la sortie du film. Malgré cela, en laissant passer quelques jours, l’impression ressentie alors s’estompe et le long métrage passe d’excellent à très bon. Avec tout de même un coup de coeur pour Dev Patel, l’interprète de Jamal, que nous avions pu découvrir dans la série Skins et qui passe donc au cinéma avec beaucoup de succès.
La présence de « Frost/Nixon » dans la sélection m’a fortement surpris. Si Nixon m’évoquait le président américain, plus connu pour le Watergate que pour ses actions politiques, le nom de Frost m’était lui complètement inconnu. Et pourtant il a marqué la génération Nixon. Ce journaliste britannique, plus connu pour ses talk-shows et ses interviews de stars, a réalisé la première (et peut-être la seule) interview télévisée du président Nixon après le scandale et sa démission. Ce film raconte cette aventure et la relation entre les deux hommes. L’histoire m’a passionné, justement dans ce qu’elle a d’historique, mais je vous disais ma surprise de le retrouver nominé. En effet ce film destiné à un public réduit (dans la plus pure tradition des petits films, il n’a d’abord été projeté que dans 3 cinémas américains avant son lancement général) ne semblait pas capable de rivaliser avec les mastodontes d’Hollywood. Mais le succès critique a été complet et l’œuvre de Ron Howard concourt pour les Oscars.
« Milk » n’a rien d’une production sur les produits laitiers (oui j’ai osé !) et le nom n’évoquant rien pour nous, il a été rebaptisé « Harvey Milk » pour la sortie française. Le film de Gus Van Sant raconte le combat d’Harvey Milk pour les droits des homosexuels entre 1970 et 1978, et son assassinat. Inconnu du grand public chez nous, Milk a porté la cause homosexuelle à travers les Etats-Unis depuis son quartier de Castro à San Francisco. Il sera le premier homme politique ouvertement gay à être élu en Californie, comme conseiller municipal de SF.
Brillamment interprété par Sean Penn, le film nous replonge dans cette époque où les droits des homosexuels étaient en balance. Alors que de plus en plus sortent du placard et s’affirment comme homos, les réactions sont violentes. Certains sont battus à mort en pleine rue, sans que la police ne s’y intéresse particulièrement. Des mouvement extrêmes naissent pour priver les homosexuels de leurs droits, les écarter de certaines professions, les marginaliser définitivement. Harvey Milk, qui a vécu « caché » jusqu’à ses 40 ans, va structurer le mouvement politique homosexuel et incarner la résistance, non sans l’utiliser pour ses ambitions personnelles.
A l’heure où un nouveau mouvement traverse les Etats-Unis pour stopper les avancées du droit au mariage pour tous, via la prop8 en Californie par exemple, ce film a une résonance particulière. Il a aussi le mérite de rappeler à notre génération que les précédentes se sont battues pour obtenir les avancées qui nous paraissent aujourd’hui normales ; et qu’il ne faudrait pas se résigner alors qu’il y a encore tant à faire !
Je n’ai malheureusement pas encore vu « The Reader », cinquième nominé, mais ça viendra et il aura alors peut-être le droit à un article s’il le mérite. En attendant vous aurez compris que mon coup de cœur perso va à « Milk » et que même si « Slumdog Millionaire » repartira sûrement avec la statuette du Meilleur Film, Sean Penn mériterait bien un deuxième Oscar…
Retrouvez ces films sur IMDb (Benjamin Button, Slumdog Millionaire, Frost/Nixon et Milk) et Allocine (Benjamin Button, Slumdog Millionaire, Frost/Nixon et Milk)









le 24 février 2009, 12:32
[...] pour Sean Penn. Comme quoi je n’étais pas si à l’ouest dans mon article sur les Oscars. Le palmarès complet est par [...]